La santé mentale périnatale : une question d’équilibre !

Une mère sur trois dit être inquiète par rapport à sa santé mentale.

C’est beaucoup. C’est trop.

Malheureusement, les difficultés psychologiques pendant la grossesse ou à la suite de l’arrivée de bébé sont encore taboues… Après tout, ce devrait être une période des plus joyeuses, celle où on porte la vie !

Malgré cette joie, il est tout à fait normal de ressentir du stress, des inquiétudes et de l’incertitude. Rappelez-vous qu’une santé mentale optimale ne consiste pas en l’absence de maladie, elle fait référence au bien-être. C’est donc une question d’équilibre entre les différentes émotions vécues !

Les difficultés d’adaptation pendant la grossesse peuvent survenir autant chez les femmes que leurs partenaires. Il n’est pas étonnant que la grossesse soit une période sensible avec ses grands bouleversements. Les fluctuations hormonales, les changements dans son corps, l’adaptation aux nouveaux rôles et nouvelles priorités au sein du couple, les nouvelles responsabilités financières, et la pression sociale d’une parentalité idéale sont autant de facteurs qui peuvent causer de la détresse psychologique. Devenir parent ce n’est pas une mince affaire !

Mythes et tabous…

« Je ne me sens vraiment pas bien, mais je ne veux pas prendre de médicaments car j’ai entendu dire que ça pouvait être mauvais pour mon bébé ! »

Oui, MAIS, les difficultés psychologiques pendant la grossesse peuvent aussi faire en sorte que vous mangiez moins, que vous soyez moins active, que vous vous reposiez moins bien. Il est important d’en parler avec un·e professionnel·le de la santé car il y a des médicaments sécuritaires et il ou ellepourra vous conseiller adéquatement. Selon les études, il est plus risqué de ne pas traiter un trouble de la santé mentale que de prendre des médicaments.

Les tabous entourant les troubles de la santé mentale pendant la grossesse font en sorte que bien souvent on n’en parle tout simplement pas. Oseriez-vous dire que vous êtes tristes, brûlé·es, ou même indifférent·es à l’idée de l’accueil de votre enfant ? J’aimerais que la réponse soit « oui » pour chaque parent, mais ce n’est pas le cas actuellement. Il est pourtant essentiel que chaque femme et son ou sa partenaire se sentent assez en confiance de nommer tout haut ce qui se passe dans le silence. Être en mesure de le dire à notre partenaire, un·e ami·e, en parler au groupe Mèrentraide à Cible Famille Brandon ou à un·e professionnel·le de la santé et confier que « ça ne va pas » est la première étape.

L’importance d’obtenir du soutien psychologique pendant la grossesse n’est pas seulement pour s’assurer que tout le monde est en santé. L’aide, qui devrait inclure un soutien émotif adéquat, sera utile pendant la grossesse en permettant d’éviter certaines complications. Elle pourra surtout améliorer notre capacité à entrer en relation avec notre bébé après sa naissance, à éviter que l’on s’isole davantage et à réduire le risque d’une dépression pendant la période postnatale.

Mythes et tabous…

« Allez Philippe, c’est juste une phase difficile. C’est sûr qu’avec Maélie qui a juste 4 mois et la dépression d’Anabel, ce n’est pas facile. Tout ira mieux bientôt ! C’est normal que tu te sentes aussi impuissant et frustré. »

Oui, MAIS, en réalité la dépression postnatale ce n’est pas réservée juste aux mères. Les pères et partenaires peuvent aussi faire des dépressions postnatales. Ça ne va pas juste « passer » en gardant le sourire, c’est important de demander du soutien !

Faire la différence entre le baby blues et la dépression postnatale 

Votre bébé est arrivé et vous vivez plein de beaux moments, mais aussi des sautes d’humeur, de la fatigue et beaucoup de frustrations !

Vous vous sentez peut-être dépassés par les nombreuses adaptations survenant au cours des premiers jours de vie de votre bébé. Vous vous demandez peut-être si ce que vous ressentez est normal ou une source d’inquiétude ?

Le baby blues

  • Affecte de 50 à 80 % des mères après une grossesse,
  • Se caractérise par de la fatigue, des sautes d’humeur, de la tristesse, de la difficulté à se concentrer, et de l’insomnie,
  • Survient quelques jours après la naissance de bébé jusqu’à 2 semaines,
  • Aucune intervention d’un·e professionnel·le de la santé n’est requise. Les symptômes se résorberont par le passage du temps.

Mythes et tabous…

« Mon amie est inquiète pour moi car elle dit que je suis déprimée, on dirait qu’elle n’a jamais entendu parler du baby blues, ça fait juste 2 mois que Mathis est né. »

Oui, MAIS, quand les signes et symptômes perdurent plus de 2 semaines on ne parle plus de baby blues, mais bien de dépression postnatale, ce qui nécessite de l’aide d’un·e professionnel·le de la santé.

La dépression postnatale

  • Affecte de 10 à 20 % des mères et jusqu’à 10 % des pères,
  • Se caractérise par une variété de symptômes dont : fatigue, sautes d’humeur, tristesse, perte d’énergie, désintérêt ou manque de plaisir, troubles du sommeil et de l’appétit, qui mènent à des sentiments de culpabilité, d’irritabilité, d’agressivité, d’isolement et d’autodévalorisation et qui peuvent mener à la fuite dans le travail, les sports ou la consommation (incluant les jeux vidéo),
  • Peut être associée à de l’anxiété,
  • Survient de 2 semaines jusqu’à 1 an après la naissance de bébé,
  • Nécessite la consultation d’un·e professionnel·le de la santé.

Mythes et tabous…

« Je trouve ça très pénible depuis que Charlie est arrivé, on dirait que je n’y arrive pas. Je suis brûlée, je pleure tous les jours et je ne sors plus de la maison. Malgré tout, ce n’est pas si grave, je réussis quand même à m’occuper de Charlie, c’est ça le plus important. Je ne suis pas déprimée sinon je ne pourrais pas m’en occuper quand même. »

Oui, MAIS, ce ne sont pas tous les parents souffrant de dépression qui n’arrivent plus à s’occuper de leurs bébés. On peut faire une dépression et quand même être de très bons parents.

Nous vous suggérons le documentaire « Maman, pourquoi tu pleures ? » par Jessica Barker. Pour en savoir plus cliquez ici

Comment obtenir de l’aide ?

L’essentiel c’est de se laisser du temps pour apprivoiser tous ces changements, retrouver ses repères ou s’en créer des nouveaux. N’ayez pas peur de communiquer vos besoins à vos proches et de respecter votre rythme. Entourez-vous de gens qui nourrissent votre équilibre par l’écoute et qui vous soutiennent pendant cette grande transition. Il faut d’abord prendre soin de soi, pour prendre soin de nos enfants !

Par Julie Brown, étudiante sage-femme de troisième année, stagiaire pour Cible Famille Brandon 

Pour en savoir plus sur les activités et services de Cible Famille Brandon en périnatalité :

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