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8 signes d’animaux à trouver avec notre enfant en forêt

En collaboration avec : Gabrielle Forget et Steve Gatz, qui offrent des formations de pistage à Territoires habités et parents de deux enfants de 15 et 19 ans.

1. Miam, les bons champignons séchés !

Un champignon accroché sur une branche d’arbre ? C’est sans doute un petit écureuil qui l’a mis là ! Hé oui, les écureuils (photo) font sécher les champignons pendant l’été pour les mettre dans leur réserve de nourriture en prévision de l’hiver.

2. Faut avoir la tête dure !

Sur les arbres, on peut observer toute une gamme de trous excavés par les pic-bois. Saviez-vous que les pics peuvent taper du bec à une vitesse de 20 coups par seconde ? Jusqu’à faire 12 000 coups par jour !

Les grands pics sont les seuls qui ont un bec assez gros pour faire ces immenses trous dans les arbres, pour manger les fourmis charpentières.

Les plus petits pics-bois, comme les pics maculé (photo), chevelu et mineur, vont excaver plus en surface de l’arbre, pour manger les insectes juste sous l’écorce.

En plus de faire des trous pour s’alimenter, les pics vont en excaver pour leurs nids. Les trous de pic sont réutilisés ensuite par plusieurs autres espèces pour y nicher ou y loger.

3. À qui la crotte ?

Il y a plusieurs animaux qui laissent souvent des traces de leur passage… sous forme de crottes !

Les cervidés, comme les cerfs de Virginie (photo) et les orignaux, font des crottes plutôt ovales. Ceux des cerfs se confondent parfois avec les excréments des lièvres, plutôt ronds et aplatis.

Les canidés, comme les renards, les coyotes et les loups, ont tendance à déposer leurs excréments au milieu d’un chemin, comme pour dire « Je suis passé par là ! ». Ils sont allongés et contiennent souvent des poils de leur proie.

Les gélinottes huppées (que plusieurs appellent communément « perdrix ») sont assez répandues au sud du Québec. On trouve souvent leurs excréments au sol en tas : de petits cylindres recourbés de composition fibreuse (à noter que les gélinottes font également un autre type d’excrément, plus liquide. On en trouve parfois près des crottes plus « typiques ».).

Attention, les crottes des animaux peuvent contenir des parasites dangereux pour l’humain, ne pas les manipuler ou approcher votre visage trop près !

4. Qui a croqué cette branche ?

Comment différencier une branche croquée par un lièvre d’une autre croquée par un cerf ? Les lièvres vont laisser une marque en biseau très nette à 45 degrés, comme coupée avec un couteau. Les cerfs n’ont pas d’incisives supérieures, alors ils croquent les branches en les pinçant et en tirant dessus, ce qui laisse des filaments sur le bout arraché.

5. Laisser sa trace

L’hiver, on voit aisément les traces des animaux dans la neige, mais l’été il faut s’aiguiser l’œil davantage ! Les berges boueuses des rivières ou des lacs sont les endroits parfaits pour chercher ceux qui habitent tout près ou s’y rendent pour s’y abreuver. (Traces de cerf de Virginie en photo)

Vous trouverez à la bibliothèque ou en librairie des guides d’identification de traces communes des animaux du Québec, ou vous en trouverez des aperçus sur internet, comme ici

6. Ouille, les os ne se digèrent pas !

Une boule composée d’os et de poils non digérés ? Peut-être est-ce une boulette de régurgitation !

La grande majorité des oiseaux de proie mangent leur proie en entier. L’estomac de l’oiseau digère la viande et le gras, mais pas les plumes, la fourrure ou les os. Les aliments non-digérés forment une boulette dans le gésier de l’oiseau, puis celui-ci doit éventuellement la recracher…

En découvrir en forêt est assez rare ! Si vous avez cette chance, utilisez un petit bout de bois pour disséquer la boulette et en examiner le contenu (sans oublier de laver vos mains à la fin …) !

7. On se bâtit par ici ?

Un tronc d’arbre grugé ou une branche mangée par un castor ? Profitez-en pour chercher le chemin du castor vers le cours d’eau à proximité : son passage laisse un sillon assez large dans la végétation.  Il y a sûrement une famille qui habite une hutte ou entretient un barrage pas loin, peut-être les entendrez-vous plonger !

8. Éclos ou mangé ?

Une coquille d’œuf cassé au sol ? Est-ce que ce bébé oiseau a éclos naturellement ? Ou est-ce que cet œuf a été mangé par un prédateur à 4 pattes ou 2 ailes ? (photo)

Pour sortir de leur œuf, les oisillons possèdent une petite pointe dure sur le bec, qui leur permet de casser la coquille de l’intérieur. Ils vont casser tout le tour de l’œuf, ce qui va laisser une demi-coquille avec une ligne de cassure relativement droite.

Un œuf qui a été prédaté sera au contraire cassé de manière irrégulière et la membrane interne sera arrachée.

Une fois les œufs éclos, les parents emportent souvent les coquilles loin du nid afin d’éviter qu’un prédateur vienne s’attaquer aux jeunes oisillons. Apercevoir une coquille au sol ne signifie donc pas forcément qu’un nid se trouve à proximité !

La forêt a beaucoup de choses à raconter quand on prend le temps de l’observer. Amusez-vous à la recherche de ces indices animaliers avec vos enfants !

Bonne promenade en forêt !

Par Mélissa Leporé, Animatrice périnatalité et consultante en lactation IBCLC pour Cible Famille Brandon et… pisteuse d’animaux !

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